dimanche, 13 avril 2008
Le gros orteil
C'est Brice Matthieussent (le traducteur de Jim Harrison chez Bourgois, rien que ça...) qui m'a parlé du texte.
Ça s'appelle "Le gros orteil" et ça a été écrit par Georges Bataille en 1929 pour la revue Documents.
C'est un texte philosophique sur cette partie du corps qui nous sert aussi de socle sur la terre.
Bataille s'y livre à un examen très sérieux de la symbolique du pied qui, alors qu'il nous sert à nous élever vers le ciel, est méprisé parce qu'il traîne dans la boue.
On y apprend qu'au XVIIe on disait chez les paysans pour désigner la malpropreté: "Elle a les mains sales comme on a les pieds". Et aussi que les Turques d'Asie centrale "considèrent comme immoral de montrer leurs pieds nus et se couchent même avec des bas".
Je me souviens qu'une Iranienne me racontait que lorsque l'étau islamique s'est desserré ces dernières années, c'est par là que les femmes ont montré leur liberté regagnée. Par leurs orteils, fièrement arborés dans leurs nus pieds.
Et pour rendre hommage à ce gros orteil qui occupe même les philosophes, j'ai emprunté à Josette cette vision de ses pieds, doucement assoupis sous le soleil de l'été.
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samedi, 22 mars 2008
Un amour de chaussure
Ca vient de sortir et on s'en réjouit d'avance... Un bouquin sur les chaussures!
La note de l'éditeur est bien foutue, je pompe alors: "Les fillettes du monde entier, dès qu'elles sont en âge d'aller explorer les placards, organisent de grands défilés de mode au milieu du salon familial. Les chaussures constituent l'un des accessoires féminins par excellence. Que vous vous habilliez en Prada ou préfériez les tongs et les espadrilles, vous trouverez dans ce petit livre de quoi satisfaire votre curiosité. De l'époque victorienne aux années Vogue, de la révolution sexuelle à Sex and the City, tout est là, superbement illustré..."
Sur Amazon c'est 12,35 euros.
http://www.amazon.fr/Un-amour-Chaussure-St%C3%A9phanie-Pe...
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vendredi, 14 mars 2008
Rien n’est plus parlant que le choix d’une paire de chaussures...
Mon ami Michel Abax m'a confié un extrait d'un roman inédit : "Brazilia de Perú", où il est évidemment question du pied... Une intimité irrésistible me troublait chez Brazilia, voilà bien la première fois que j’étais aussi sensible à cette partie du corps d’une femme. J’ai compris à quel point ce fétichisme était fondé. Les siens étaient menus, sans défaut, de petite taille, sans trace apparente de souffrance, sans corne, si lisses, une peau mate, des ongles d’un rose saumon et blanc, des petits doigts parfaits, si sensuels qu’ils provoquaient chez moi une excitation rien qu’à les regarder. En revanche, ils étaient fragiles. Lorsqu’elle marchait plus que de coutume, elle me demandait de les prendre sur les genoux. Je passais parfois une grande partie de la séance d’un film à les détendre, massant sa paume et son talon pour le plaisir de les toucher, je la sentais se languir à côté de moi… Cela pouvait se passer sur un banc dans la rue ou au fond d’une église, à Turin, à Paris, à Marseille, je n’éprouvais aucune gène à le faire. Elle fermait à demi ses yeux et se laissait porter par quelques songes, et de la voir ainsi, je m’efforçais chaque fois d’inventer de nouvelles façons de la combler.
Lors de ses absences trop longues, pris d’impatience ou de colère, si je croisais une fille au visage charmant, qui n’avait pas l’air indifférente à mon égard, j’examinais ses pieds. A la saison chaude, je pouvais les scruter à loisir…. Un test ultime. Réussite en compassion, malheur en séduction. Comment tomber sous le charme d’une personne qui a des doigts de pieds étirés ou agrippés à la semelle, jaunes ou rabougris. Je sais, cela paraît cruel mais je ne peux que peu de piété pour les pieds, ce sacrifice m’est impossible, it’s out of my control…
Ah comme ils sont rares les tout fins jolis ! Je n’en ai rencontré qu’une dizaine de paires, sur un échantillon de cent, qui réussissent à me faire autant d’effet que les siens. Des pieds sont une révélation, je n’ai jamais surpris un mensonge de leur part. Un maquillage flatteur lors d’un vernissage peut feindre mais ne saurait convaincre. Il faut savoir les lire, ne dit-on pas écrire comme un pied, oui, ses pieds nous racontent qu’ils ont souffert, d’être étriqués, comprimés, déformés par le travail, par le manque de soins, comme ils sont rustres, sans finesse et sans charme, à tel point négligés, oubliés, à jamais bannis au fond d’un trou moisi !
En basse saison, lorsque revient le temps de les chausser chaudement, j’appliquais mon sens critique à analyser ce choix. A l’épreuve de ma théorie, j’enrichissais ma galerie de caractères et j’en concluais nombre de choses communes avec leur version dénudée. Rien n’est plus parlant que le choix d’une paire de chaussures. Si un défaut de revenu impose un budget modeste, il faut saluer, voire encenser les femmes (je limitais mon étude aux femmes) qui parviennent à sauvegarder le bon goût. En revanche j’étais sévère, voire méprisant pour les femmes aisées qui se négligeaient à ce niveau. Certaines étaient parfaites jusque là, rien à dire de leur visage adorable, de leurs galbes envoûtants mais ma fascination s’arrêtait brusquement, le dégoût aux lèvres, je ne cachais plus ma déception en apercevant leurs pieds, là, quel abandon… Comment pouvait-on corrompre son charme en portant une telle couleur (je ne supporte pas le doré !), une forme ridicule (le pointu excessif quand le pied est si grand !), un détail sur leurs pieds chaussés (une boucle de mousquetaire ou un pompon, pitié !), je détournai les yeux aussitôt. Sus aux femmes qui privilégiaient des chaussures boudinées qui les rehaussaient (vive les petites esthétiques !) ou bien celles qui se déterminaient socialement (je hais les mocassins des bourgeoises !) Tandis qu’elle, ma Brazilia, dépensait des fortunes à s’acheter des Kenzo, des Dolce & Gabana ou simplement des Campers pour leur confort, ne comptait plus son temps dans les bidonvilles de Rio ou les puces de Barcelone pour dégotter des tongs déroutantes, des merveilles de talons aiguilles parfaitement ajustés à son pied de reine, ma Brazilia à moi ne me décevait jamais de ce côté là, mauvais caractère, certes, mais le pied si élégant, sensuel à l’extrême…
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jeudi, 06 mars 2008
Un polar sur l'herbe

13:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pied, photo, marseille, littérature, attia, missdidi

