dimanche, 04 mai 2008

Les sabots d'Hélène

630383931.JPGJ'avais huit ans, j'avais les mêmes. On était à la fin des années 70 et les petites filles se prenaient pour des fermières, avec leurs robes à fleurs.

Je les ai rachetées, à ma taille. Modèle suédois, d'origine je crois. C'est rare que je leur fasse voir du pays. Elles restent à la maison où elles jouent des castagnettes sur le parquet de bois.

Ça énerve R. mais moi ça me fait du bien.


podcast

lundi, 24 mars 2008

Les Kids de Montréal

Je suis une adepte du Marabout bout de ficelle, ou à la manière de Vian, du A bon chat bon rat, à bon chien bon rien, à bon château bon râteau...

 772533361.jpgCette histoire de godillots, ça me renvoie à une autre histoire de godillots. On vivait à Saint-Henri, un quartier de "BS" de Montréal. "BS" pour Bien-être social, le RMI, quoi. La voisine était la femme d'un Hells angel. Souvent, son gros barbu partait en virées pendant des jours sans lui laisser un sou. Alors elle venait, sous des prétextes quelconques, quêter quelques dollars. Pour les médicaments de la petite, elle disait. Elle était maigre en tabarnak. Une junkie. Nous, on n'avait pas un sou qui vaille, mais on l'aidait quand même. Pour la petite... Les journées s'écoulaient dans l'insouciance absolue. On achetait des cigarettes à l'unité chez le dépanneur, on avait suspendu un hamac dans la chambre, on s'aimait, on mangeait du peanut butter et on se prenait pour des artistes.

 A. habitait le même immeuble que nous. Un matin, comme il avait fait un froid de canard pendant la nuit, la rue était toute verglacée. On avait tous les trois des godillots en cuir noir, les mêmes que ceux du Kid de Chaplin. On les a chaussés. On a passé plusieurs heures à prendre notre élan et à faire des glissades. E., A. et moi. Le bonheur parfait.