mercredi, 14 mai 2008
Va nu pied
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dimanche, 30 mars 2008
Mes pieds me portent au bout du monde (6)
GRECE AOUT 2004 Je me souviens très bien des circonstances de cette photo. On se déplaçait en scooter sur les îles. C'est V. qui conduisait. Comme le soleil brûlait, on avait acheté un petit parasol que je portais à la manière d'une lance de chevalier. A la terrasse ombragée de ce restaurant près de la plage, j'ai avisé nos pieds sous la table. Les grains de sable brillaient comme des paillettes de diamants incrustées entre nos orteils. J'ai trouvé ça très beau. J'ai pris la photo.
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vendredi, 28 mars 2008
Take care
Aujourd'hui j'inaugure une nouvelle catégorie qui, à n'en pas douter, aura de l'avenir. Une catégorie qui n'a rien à voir avec le pied ni la chaussure -faut bien causer d'autre chose de temps en temps- et qui, cela va de soi, s'intitulera "entorses".
J'adore...
Toujours à propos de Sophie Calle. Je viens de lire quelque part que son expo de la Biennale de Venise (cf les jours précédents) est arrivée à Paris mercredi dernier. "Prenez soin de vous", dans une mise en scène de Daniel Buren, c'est jusqu'au 8 juin à la Bibliothèque nationale de France. 
Va vraiment falloir aller à Paris... (photo Jean-Baptiste Mondino, siouplaît)
http://www.bnf.fr/pages/zNavigat/frame/cultpubl.htm?ancre...
09:49 Publié dans Expo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : photo, sophie, calle, paris
samedi, 22 mars 2008
Les bonheurs de Sophie la suite
Faut que je revienne sur le cas de Sophie Calle. J'ai retrouvé dans sa monographie l'histoire des pompes. C'était dans le rituel d'anniversaire. Elle avait décidé, de peur qu'on oublie son anniversaire, d'inviter chaque année, de 1980 à 1993 (quand elle a eu 40 ans), autant d'amis que d'années. Les bottines datent de 1985. Ca n'est pas écrit dans le livre, mais je suis sûre qu'elle les avait portées.
J'ai plein d'histoires de coïncidences qui me lient à Sophie Calle. A son oeuvre en tout cas.
La dernière en date c'est de m'être retrouvée dans le même resto, à Venise, à la table d'à côté. Elle passait une soirée mortellement ennuyeuse avec un jeune artiste entretenu par une femme riche et son agent. Elle parlait tellement fort, qu'on n'en a pas loupé une. Un mois plus tard, Télérama me resservait le même discours, au mot près, sur le projet de la Biennale de Venise. Une nouvelle variation autour de la rupture. Brillant, évidemment. Voici le film, comme-si-vous-y-étiez, d'un visiteur partageur.
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vendredi, 21 mars 2008
Les bonheurs de Sophie
J'ai l'esprit d'escalier. Ca m'a souvent causé du tort. Ce qui n'exclut pas la spontanéité, ni même d'être une machine à gaffe. Mais ça je sais d'où ça vient: je suis la fille de Gaston...
Donc, ça n'est qu'une fois que j'ai posté la note précédente que j'ai repensé à cette expo de Sophie Calle. Ma star. Elle aime les chaussures. Il ne peut pas en être autrement. C'était il y a plusieurs années. Peut-être même une dizaine. C'était son époque Paul Auster, il me semble. Mais je peux confondre. A Paris, elle exposait, à côté de ses repas chromatiques, tous les cadeaux reçus à chacun de ses anniversaires. C'était présenté dans des vitrines, par année. Depuis des cadeaux symboliques
ou drôles jusqu'à des objets utilitaires. Et puis, je me souviens très bien, il y avait une paire de bottines noires et pointues. Elle les avait portées. Elle l'a concédé. Parce qu'elle les aimait trop. Des bottines noires très rock'n'roll, juste éculées ce qu'il faut pour qu'elles deviennent une 2e peau. Là je me suis dit qu'elle croyait vraiment à ce qu'elle faisait pour sacrifier des joyaux pareils...
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vendredi, 14 mars 2008
Rien n’est plus parlant que le choix d’une paire de chaussures...
Mon ami Michel Abax m'a confié un extrait d'un roman inédit : "Brazilia de Perú", où il est évidemment question du pied... Une intimité irrésistible me troublait chez Brazilia, voilà bien la première fois que j’étais aussi sensible à cette partie du corps d’une femme. J’ai compris à quel point ce fétichisme était fondé. Les siens étaient menus, sans défaut, de petite taille, sans trace apparente de souffrance, sans corne, si lisses, une peau mate, des ongles d’un rose saumon et blanc, des petits doigts parfaits, si sensuels qu’ils provoquaient chez moi une excitation rien qu’à les regarder. En revanche, ils étaient fragiles. Lorsqu’elle marchait plus que de coutume, elle me demandait de les prendre sur les genoux. Je passais parfois une grande partie de la séance d’un film à les détendre, massant sa paume et son talon pour le plaisir de les toucher, je la sentais se languir à côté de moi… Cela pouvait se passer sur un banc dans la rue ou au fond d’une église, à Turin, à Paris, à Marseille, je n’éprouvais aucune gène à le faire. Elle fermait à demi ses yeux et se laissait porter par quelques songes, et de la voir ainsi, je m’efforçais chaque fois d’inventer de nouvelles façons de la combler.
Lors de ses absences trop longues, pris d’impatience ou de colère, si je croisais une fille au visage charmant, qui n’avait pas l’air indifférente à mon égard, j’examinais ses pieds. A la saison chaude, je pouvais les scruter à loisir…. Un test ultime. Réussite en compassion, malheur en séduction. Comment tomber sous le charme d’une personne qui a des doigts de pieds étirés ou agrippés à la semelle, jaunes ou rabougris. Je sais, cela paraît cruel mais je ne peux que peu de piété pour les pieds, ce sacrifice m’est impossible, it’s out of my control…
Ah comme ils sont rares les tout fins jolis ! Je n’en ai rencontré qu’une dizaine de paires, sur un échantillon de cent, qui réussissent à me faire autant d’effet que les siens. Des pieds sont une révélation, je n’ai jamais surpris un mensonge de leur part. Un maquillage flatteur lors d’un vernissage peut feindre mais ne saurait convaincre. Il faut savoir les lire, ne dit-on pas écrire comme un pied, oui, ses pieds nous racontent qu’ils ont souffert, d’être étriqués, comprimés, déformés par le travail, par le manque de soins, comme ils sont rustres, sans finesse et sans charme, à tel point négligés, oubliés, à jamais bannis au fond d’un trou moisi !
En basse saison, lorsque revient le temps de les chausser chaudement, j’appliquais mon sens critique à analyser ce choix. A l’épreuve de ma théorie, j’enrichissais ma galerie de caractères et j’en concluais nombre de choses communes avec leur version dénudée. Rien n’est plus parlant que le choix d’une paire de chaussures. Si un défaut de revenu impose un budget modeste, il faut saluer, voire encenser les femmes (je limitais mon étude aux femmes) qui parviennent à sauvegarder le bon goût. En revanche j’étais sévère, voire méprisant pour les femmes aisées qui se négligeaient à ce niveau. Certaines étaient parfaites jusque là, rien à dire de leur visage adorable, de leurs galbes envoûtants mais ma fascination s’arrêtait brusquement, le dégoût aux lèvres, je ne cachais plus ma déception en apercevant leurs pieds, là, quel abandon… Comment pouvait-on corrompre son charme en portant une telle couleur (je ne supporte pas le doré !), une forme ridicule (le pointu excessif quand le pied est si grand !), un détail sur leurs pieds chaussés (une boucle de mousquetaire ou un pompon, pitié !), je détournai les yeux aussitôt. Sus aux femmes qui privilégiaient des chaussures boudinées qui les rehaussaient (vive les petites esthétiques !) ou bien celles qui se déterminaient socialement (je hais les mocassins des bourgeoises !) Tandis qu’elle, ma Brazilia, dépensait des fortunes à s’acheter des Kenzo, des Dolce & Gabana ou simplement des Campers pour leur confort, ne comptait plus son temps dans les bidonvilles de Rio ou les puces de Barcelone pour dégotter des tongs déroutantes, des merveilles de talons aiguilles parfaitement ajustés à son pied de reine, ma Brazilia à moi ne me décevait jamais de ce côté là, mauvais caractère, certes, mais le pied si élégant, sensuel à l’extrême…
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jeudi, 13 mars 2008
Pied d'immeuble
Aujourd'hui, j'arpentais les allées du Mipim à Cannes. Le Marché international des professionnels de l’immobilier. Et quand ils disent international, c'est pas du chiqué. Y a même des endroits dans le monde dont on n'a jamais entendu parler... Et pourtant, là-bas aussi ils construisent de l'immeuble à tour de bras!
Des pointus, des vrillés, des multicolores, des "pudiquement" cachés derrière leur résille de béton (très en vogue la résille), des transparents, des fragmentés, des ronds, des carrés. On se croirait en plein zizi de Pierre Perret...
Non, sans blague, moi ça m'en a mis plein la vue. Et surtout Dubai avec des tours qui s'encanaillent en chapeau de lutin. C'est comme si on traversait un monde futuriste en 3D (parce qu'il y a tout un tas d'animations sur écrans plats). Sans compter que partout entre les stands, ça parle russe, hollandais, italien, japonais et j'en passe. Des hommes habillés de sombre, l'oreille collée au portable, des blondes parce qu'on est à Cannes -merde quand même!- et des filles de l'Est particulièrement dénudées. C'est un autre monde. C'est le monde de demain, on dirait, et ce serait pas mal qu'on nous tienne au courant...
Là, je n'ai pas pu résister à photographier cette maquette. J'ai tellement été subjuguée par cette création de toute pièce que j'en ai oublié le lieu, quelque chose comme Abu Dhabi ou le Qatar. Une affaire d'émirs, à coût sûr. C'est tellement gigantesque qu'on peine à imaginer la vie, en pied... d'immeuble. Parce qu'il faudra bien des gens pour habiter ces villes. Et sur certains projets, on se demande quel genre d'humain cela va fabriquer.
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lundi, 10 mars 2008
Six pieds sous terre



V. ne croit pas si bien dire...
Ce week-end je suis allée aux obsèques de A., que je ne connaissais pas. Je cotoie beaucoup plus les morts que les vivants ces temps-ci. A côté de moi, dans le cortège, il y avait cette petite dame derrière ses lunettes noires. Une larme avait creusé une rigole dans le fond de teint orange de sa joue gauche. Un trait régulier et épais qui laissait apparaître une peau blanche et diaphane. J'ai passé plusieurs minutes à observer ce dessin avant de comprendre ce qui l'avait produit.
Dans le Télérama de cette semaine, Desproges dit à propos des femmes (je le cite de mémoire) "si vous voulez rester belles, suicidez-vous à 39 ans et demi". C'est à peu de chose près mon âge.
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jeudi, 06 mars 2008
Un polar sur l'herbe

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mercredi, 05 mars 2008
Mes pieds me portent au bout du monde (5)
IRAN, MAI 2005 On oublie trop que le pied est aussi un régulateur thermique. Un genre de thermostat du corps qui, une fois opportunément sorti des draps permet de faire baisser la température de quelques degrés salutaires. En route vers Ispahan avec Sophie, nous nous étions retrouvées dans un wagon de nuit pour femmes. Le chauffage, bloqué sur son maximum faisait régner une chaleur suffocante dans la cabine. A chaque appel au secours de l'employé des trains, nous devions revêtir à nouveaux nos manteaux et foulards islamiques. Je ne crois pas me rappeler qu'on ait obtenu gain de cause. On a donc fini nues. Dans un train rempli d'hommes moustachus et lubriques... brrrr.
09:03 Publié dans Au bout du monde avec mes pieds | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pied, photo, voyage, iran, missdidi


