lundi, 31 mars 2008

Un trou de verdure

1429073765.JPGRepeindre mes chiottes m'a donné envie d'aller me replonger dans la poésie de Rimbaud. Je ressassais pour accompagner les va et vient de mon rouleau: "C'est un trou de verdure où coule une rivière". J'ai retrouvé le texte. Le Dormeur du Val, bien sûr.

C'est un trou de verdure où chante une rivière/Accrochant follement aux herbes des haillons/D'argent; où le soleil, de la montagne fière,/Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,/ Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,/Dort; il est étendu dans l'herbe sous la nue,/ Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme/Sourirait un enfant malade, il fait un somme:/Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine;/Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine/Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.